• Pauline Goater

Décloisonnons : n'attendons pas demain pour déconfiner nos intelligences

Dernière mise à jour : 16 mars 2021


Les confinements complets ou partiels successifs liés à la pandémie démontrent combien l'empêchement de circulation a un effet mortifère qui fige, cloisonne, paralyse, et suscite un manque d'air et de vie. Ces confinements extérieurs nous inviteraient-ils à observer nos confinements intérieurs, ceux dont nous n'avons pas conscience mais sur lesquels nous avons le pouvoir, à tout moment, en toutes circonstances ?


Car nous sommes doués de 4 intelligences. Or, nous les confinons dans des domaines prédéterminés par nos croyances ou nos cultures, isolés les uns des autres, et qui ainsi, les atrophient parce qu'elles ne peuvent pas circuler et communiquer entre elles dans une complémentarité opportune et féconde.


Faire circuler l'énergie et les informations entre notre tête, notre cœur, notre corps et même notre âme : une question urgente de santé au travail !

Laurence est médecin spécialiste, chercheuse et conférencière internationale. Au travail, elle utilise sa tête brillante. Dans la salle d'escrime, son corps fait des prouesses en compétition. En famille, ses émotions alternent entre refoulement et explosion face à une adversité qui semble vouloir appuyer sur un bouton nommé : « Danger ».


Laurence gravit les échelons de sa pratique chirurgicale pointue, et elle reçoit quantité de sollicitations pour des interventions en Europe et dans le monde. Mais tout semble craquer de partout : la coopération médicale durant les interventions est sous tension, ses compétitions sportives sont trop courtes à son goût et perdent de leur saveur, ses conférences sont de plus en plus inconfortables pour elle et déplaisantes à vivre, son stress intérieur est à son comble.


Elle a pris une décision : s'embarquer dans un coaching, plutôt particulier, qui prévoit un rendez-vous entre sa tête, son cœur, son corps et son intériorité. Que vont-ils bien pouvoir se dire ? comment vont-ils faire pour s'apprivoiser ? y a-t-il une alliance possible ? des complémentarités insoupçonnées ? Laurence dit « découvrir un monde »... son monde, en réalité. « C’est très bizarre, j’ai l’impression d’être une adolescente en laquelle la vie bouillonne et que je découvre enfin. » Elle se sent revivre. Et ça se voit ; son regard fuyant au départ, a appris à se poser, ses lèvres sourient peu à peu avec un naturel nouveau et serein. Sa dernière intervention radio s’est faite « avec une respiration tranquille, des mots qui s’enchainent et s'ajustent plus naturellement, une ouverture paisible de mon esprit aux questions des journalistes ». En pleine pandémie, elle a vécu le déconfinement le plus important de sa vie : le déconfinement de ses 4 intelligences (cartésienne, corporelle, émotionnelle et spirituelle) qui l’ouvrent à une forme nouvelle de relation avec elle-même, avec ses confrères et collaborateurs, avec ses proches, avec les auditoires devant lesquels elle expose ses sujets sensibles : une relation pacifiée, ajustée, ouver


Aujourd’hui, Laurence continue sa belle vie. Elle se fait plaisir dans ses conférences et son corps manifeste ce qu'elle dit des fruits de ses recherches et de l’intérêt de ses questionnements scientifiques. Elle ressort de ses compétitions d'escrime avec des émotions qui prolongent la magie du corps en éveil. En famille, sa pensée s'est éclairée sur les vrais enjeux à actionner, parce que ses émotions lui sont désormais de précieuses informations qu'elle a appris à décoder.


Des Laurence, qui subissent souvent sans le savoir des cloisonnements intérieurs étouffants : combien y en a-t-il parmi les médecins, les dirigeants et managers, les avocats, les enseignants, les chefs d'établissements scolaires et universitaires, ces métiers si exposés à toute forme de pression, d’affichage, d’exigences extérieures ? Car, le déconfinement le plus urgent et le plus immédiatement accessible, n’est-ce pas celui de nos intelligences, afin qu’elles puissent se conjuguer ensemble au temps présent de l’adaptabilité et de la créativité en milieu complexe ?


Le syndrome du cloisonnement ou la peur de devenir ce que je suis


Dans nos sociétés occidentales, nous avons été plongés durant de longs siècles dans :

- au pire, le rejet du corps comme le lieu des passions, au sens étymologique du terme, le lieu de ce qui est subi, non maîtrisé. Et le culte du corps n’est souvent que le revers de la médaille de ce rejet. Mon corps est fatigué ou vieillissant, alors je dois le camoufler ou le travestir. Au mieux, mon corps est là mais je n'en ai pas conscience, je suis déconnecté de mes sens . « Je ne sais pas ce que fait mon corps pendant mes cours » reconnait une enseignante. « je suis passionnée par mon travail, mais vais-je encore tenir longtemps physiquement » ajoute-t-elle ? Pourtant, une autre enseignante anime l’échange de sa conviction chevillée au corps selon laquelle « la mobilité corporelle quand elle est décidée, ajustée, est source de mobilité intellectuelle. Surtout quand elle est accompagnée d’émotions. » « Mon corps et mes émotions peuvent être de véritables guides pédagogiques pour la transmission de mes cours de français » affirme cette femme formée aux ressources humaines dans une grande école, reconvertie à l’enseignement du français par découverte de sa vocation à la transmission.

- la mise à l'écart des émotions considérées comme un frein à l'exercice d'une pensée sereine et constructive. La vraie question est pourtant : s'agit-il de leur mise à l'écart ou de leur prise en charge ? C'est tout le travail d'investigation que fera notamment Daniel Golemanl, travail aujourd'hui complété et affiné par les neuro-scientifiques comme Antonio Damasio. Les enseignants disent souvent : « dans notre métier, on nous demande de laisser nos émotions à la porte de la classe ». Mais à quel prix… Résultat, comme pour le corps, cette non prise en charge des émotions conduit souvent à des explosions désordonnées d’émotions, ou à leur expression non ajustée, ou encore à une fatigue chronique issue de l’énergie passée à les bâillonner. Il ne s'agit pas de les répandre sans discernement en n'importe quel lieu et à n'importe quel moment, mais bien d'en faire des occasions de croissance de notre unité intérieure et de nos aptitudes relationnelles, au coeur même de notre quotidien professionnel. Notre capacité à entrer en relation avec l'autre et les autres étant étroitement reliée à notre capacité à entrer en relation avec soi-même.


Le corps et les émotions sont potentiellement nos meilleurs alliés. Le souci majeur, c'est que trop peu d'écoles sont capables de nous apprendre à les apprivoiser, à les utiliser au profit de nos objectifs les plus louables au premier rang desquels : être pleinement à ma place, avec toutes mes facultés en éveil et en mouvement, dans l'instant précis où je suis, dans mon exercice professionnel du moment. Et l’addition des lectures sur le bien être et le développement personnel ne saurait se passer de l’expérimentation « dans sa chair » de cet « art de vivre et de travailler » inclusif, mettant en dynamique complémentaire ces différents canaux d’information, de communication et de gestion à part entière . « L’émotionnel est premier : quand je suis sereine, tout le reste va bien » affirme une enseignante en mathématiques d’une illustre classe préparatoire ingénieur d’Ile de France ; mais comme c’est long de réussir à comprendre ses émotions ! » ajoute-t-elle. Les comprendre… mais comment ? car « c’est une question d’entrainement concret, à mon avis, affirme un professeur d’histoire en lycée professionnel. Il faut s’entrainer avec son corps et son cœur à se connaître et s’ajuster au beau milieu de notre activité professionnelle. Vive les cours de théâtre pour cela, quand ils sont bien faits, en vue d’une plus grande conscience de nos possibilités ! »



« La conscience de soi : voilà le cœur du sujet » avancent deux maitres de conférence en philosophie qui ne se sont pourtant pas donné le mot. « La conscience de soi s’est terriblement appauvrie aujourd’hui chez les jeunes, en particulier en raison de la digitalisation » déplore l’un d’eux. « Pourtant, reconnait-il, que de richesses en eux !" Comment leur donner le mode d’emploi de ce corps et de ces émotions qui les embarrassent souvent mais dont ils vont avoir tant besoin pour embrasser le monde professionnel à la mesure des attentes et des ambitions qu’ils portent en eux ? Certainement pas seulement dans les livres ou les films.» "Leur tenir un langage qui ne soit pas vide, voilà mon défi majeur ; cela signifie, une unité avec ce que je suis, en totalité, pour affronter les vrais questionnements avec mes étudiants. Etre vraiment en lien avec moi-même, et aussi avec eux". Sacré défi en réalité. Pour cette autre enseignante de philosophie, cette qualité relationnelle passe d'abord par le corps : "au début du cours, dire bonjour à chaque élève par son prénom, et par un regard clair" ; cela parait basique mais consacrer du temps à cette connexion corporelle et émotionnelle est sans doute un pari dans un contexte où le manque de temps semble alarmant. Un pari qui conduit à une alliance ; le cours peut commencer, l'atmosphère et les apprentissages en reçoivent le plein bénéfice.


Cette conscience de soi ne serait-elle pas même, parfois, l’expertise la plus essentielle dans certaines activités comme celle de cette femme algologue ? « Accueillir, après des années de tatonnements sans issue, des personnes qui souffrent de maladies chroniques, me demande à la fois de savoir être en veille complète aux moindres signes verbaux ou non verbaux d’explication physique et psychique des douleurs par le patient tout en apprenant à ne pas me laisser envahir par les diagnostics posés dans le passé, ou des schémas de déjà vu, ou mes propres projections, analyse-t-elle. Face à la pression énorme de la demande, puisque 30% de la population française souffre de douleur chronique qui dépasse les 6 mois, décider de prendre du temps pour mes patients, afin que je sois à l’écoute avec toutes mes facultés et ma présence, c’est un défi de taille, mais un défi incontournable. » La vie d’équipe est un soutien majeur, pour respirer, échanger, confronter les avis, conforter les options ; lieu relationnel où le corps et les émotions respirent et circulent, aussi, comme une bouffée d’air ressourçant. Cette circularité vivifiante, certains, rares et touchés par une bonne fée (celle de l'hypersensibilité précoce assumée), la vivent de façon presque innée ; c'est un impératif vital, c'est une respiration. Ainsi en est-il de ce dirigeant, créateur de belles histoires d'entreprises, qui inclut dans ses journées des heures de création artistique, met son corps en mouvement relationnel constant en décidant de ne pas avoir de bureau personnel, et qui s'appuie consciemment sur sa prestance corpulante rassurante partout où il intervient pour encourager à l'aventure de l'entrepreneuriat.


Pour s'engager dans cette aventure de rencontre entre nos intelligences, il faut avoir, comme Laurence, touché le fond, ou entrevu l'horizon, ou les deux ensemble. Et il faut également avoir accepté ses inconforts pour accepter une main tendue. Il faut enfin entrevoir que le défi le plus communément exprimé par les professions interrogées à savoir, celui du rapport : «efficacité attendue de façon légitime par les clients/patients/élèves, sur temps imparti », ne pourrait être relevé avec succès qu’en acceptant de prendre le temps suffisant pour un rendez-vous avec soi-même, tellement attendu et tellement reporté. Laurence a manifestement frappé à la bonne porte, et posé la bonne priorité.


Pour déconfiner des intelligences qui ont pris leurs habitudes après 10 ans, 20 ans, 40 ans de confinement, il faut tomber sur un expert du déconfinement et de l’immense saveur qu’il apporte : quelqu'un qui se risque à faire circuler de nouveau ce qui n'attend que cela et sera peut-être quelque peu déroutant pour un temps, quelqu'un qui apprend à se mettre dans les courants d'air sans craindre d'en tomber malade, le courant d’air qu'on redoute tant mais dont on a tant besoin ; quelqu'un enfin, qui a lui-même fait l'expérience que rien n'est tout noir ou tout blanc, complètement sain ou complètement malade, que le corps est lui-même pensée, que la pensée la plus fine surgit dans une émotion à la saveur joyeuse de l'Eurêka et que cette émotion a un langage subtil et efficace dans le corps. « Ce travail est en fait un plaisir profond ; cela apporte une energie vitale qui est très équilibrante pour sa vie professionnelle dans la durée » s’exclame une institutrice, également adepte des bienfaits de l’humour. « Se connaître et accueillir avec souplesse mes émotions, c’est un cadeau que je fais aux personnes qui viennent me confier de lourds dossiers » confie une avocate spécialisée dans le droit de la famille. « Ainsi, je sais quand la charge émotionnelle me demande de me préparer intérieurement à un rendez-vous qui s’annonce sensible » ajoute-t-elle ; préparation intérieure qui peut l'amener à poser son corps, ne serait-ce que quelques minutes, dans un temps de méditation. Et une autre avocate d’ajouter avec un soupçon de mystère : « la plupart du temps l’empathie, parfois le ras le bol des complaintes ; j’apprends à jouer avec mes ressentis et à les laisser circuler sans les dramatiser. Pour cela, mon corps est mon allié et je suis attentive à ses besoins de respiration. C'est comme cela que je continue d'aimer mon métier après des décennies de pratique ».


Conclusion : Le coaching par la danse et le corps : déconfinez vos intelligences avec Openings

Après 4 ans de parcours innovants de coaching par la danse, Openings crée son département de coaching par le corps, faisant intervenir danseurs, choristes, comédiens, formés à la connaissance de l'Humain, pour intervenir en entreprise ou dans des parcours inter-entreprises et faire gagner du temps dans le développement de l'intelligence globale et relationnelle des personnes et des organisations. « L’aisance vient à force d’entrainement » ; voilà ce que pressent une enseignante. C’est aussi ce qu’avance la neuro-biologiste Lucie Vincent dans son livre « Faites danser votre cerveau ! » ; et d’après les dernières recherches sur les bienfaits du mouvement corporel par l’art et avec les émotions, « nul doute que fortes de ce savoir, nos méthodes d’apprentissage vont être radicalement transformées dans les années qui viennent. (…) »


Parce que le corps est la face cachée de la singularité irremplaçable de la personne, parce que le corps est l'instrument sur lequel les émotions et leurs informations viennent faire leurs gammes, comme l'écrit à sa façon Hildegarde de Bingen, visionnaire écologiste du 11ème siècle, parce que le corps qui advient à la conscience par sa mise en mouvement émotionnelle est doué d'une intelligence puissante, Openings investit ce territoire de déconfinement où un air vivifiant souffle son parfum de Liberté et de Résilience. L’enjeu, dans nos métiers, n’est pas tant d’être parfait, que d’être entier, comme l’affirme Jung. Il y va de notre durabilité qualitative dans nos professions. N'est-ce pas, dans le fond, une question éminemment écologique ?

Je remercie chaleureusement pour leur disponibilité, la spontanéité de leurs partages, l’engagement professionnel et personnel dans leurs métiers ainsi que la qualité de nos rencontres : les enseignants, instituteurs, avocats, médecins et dirigeants d’entreprise sollicités, et tout particulièrement Patricia Fradin, (professeur agrégé d'anglais), Jean-Jacques Sarfati (chargé de cours à Dauphine, Docteur en philosophie), Martina Bouché (avocate et membre du conseil de l'Ordre) , Marie Le Bihan (professeur de mathématiques en classe préparatoire), Aude Decaze (professeur de français en Collège), Christine Pommel (avocate), Isabelle Castille (professeur d'histoire-géographie en lycée professionnel), Marguerite d’Ussel (médecin algologue), Didier Onraita Bruneau (dirigeant d'entreprise), Csezlaw Michalewski (professeur agrégé de philosophie et fondateur du Projet Europe, Education, Ecole) , Catherine Bisconte de Saint Julien (institutrice et photographe), Marie Le Griel (professeur d'allemand en lycée) , Estelle Chalamel (professeur agrégé de philosophie en lycée et classe prépa).

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